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Communiquer

Les arguments pour mobiliser le bassin versant

Comment sensibiliser et convaincre les acteurs locaux ?

Les restaurations des continuités écologiques ont des objectifs multiples : environnementaux (préservation de la biodiversité) et sociaux (protection durable contre les inondables, amélioration du cadre de vie par la valorisation du patrimoine naturel) et économiques (services écosystémiques, tourisme).

Toutefois ces objectifs restent sujets à débat et sont relatifs aux acteurs concernés et à leur vision du développement durable et de l’action environnementale. De ce fait pour mobiliser un territoire à une problématique il s’agit d’identifier les acteurs locaux et les leviers, notamment discursifs, pour les « convaincre ». Si plusieurs catégories d’acteurs peuvent se dégager au regard de leur fonction et de leur implication dans le projet, des élus, à la population en passant par les secteurs économiques, les arguments demeurent tangiblement les mêmes.

Trois cercles de publics se dégagent, le premier concerne les parties prenantes du projet (propriétaires riverains, maître d’ouvrage…), le deuxième les habitants et organismes proches (fédérations de pêches, associations d’agriculteurs…) tandis que le troisième regroupe plutôt les interlocuteurs externes au projet et au territoire mais pouvant le valoriser (universitaires, media…). La différence se fait alors dans la façon d’amener le message, en calibrant notamment la priorisation à l’interlocuteur.

 

Une étude réalisée par les chargés d’intervention de l’agence Loire-Bretagne, en 2011 dans le cade de la rédaction d’un guide méthodologique Restauration des cours d’eau : communiquer pour se concerter, précise que « la communication sur les projets de restauration fait appel au registre du sensible, des représentations, autant qu’à celui de l’argumentation et de la démonstration technique ». L’un allant de pair avec l’autre. Il est inutile de mettre en avant les obligations issues de la DCE tant qu’aucune représentation commune du cours d’eau et des espèces l’habitant n’aura été créée et appropriée par les populations riveraines. Le tandem, technicien et élu se révèle être le moteur principal pour marier ces deux registres et initier une synergie autour du projet. Une adaptation au contexte local est également nécessaire. La question des inondations est par exemple très « sensible » dans certaines communes et la protection face à cet aléa un enjeu majeur qu’il faudra peut-être mettre en exergue plus que la préservation de la biodiversité.

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Quels outils mobilisables pour diffuser l’information ?

La sensibilisation des populations est un des leviers de la réussite et de la mobilisation autour d’un projet de restauration des continuités écologiques. Il est nécessaire de faire adhérer le territoire en apportant au plus grand nombre des clés de compréhension et permettant même à chacun d‘agir selon ses possibilités. Le Ministère de l’Environnement définit l’éducation à l’environnement et au développement durable comme « une diversité d’actions complémentaires allant de la sensibilisation de tous les publics jusqu’à la formation dans l’enseignement supérieur ou par la formation continue. Ces différentes formes ont en commun une finalité de changement de pratiques individuelles, collectives, professionnelles pour accompagner la mutation de la société ». Ainsi des initiatives sont prises dans toutes les sphères de la société (établissements scolaires, entreprises…) y compris par les collectivités devant agir pour la restauration des continuités écologiques des cours d’eau.

 

Cela passe notamment par l’organisation de sessions et ateliers thématiques avec le public (ou des acteurs ciblés) laissant libre cours à l’échange et la discussion. Il est important de faire s’approprier un projet par la population. Toutefois, la communication comme tout autre secteur de compétence d’une collectivité demande des moyens financiers spécifiques, de l’énergie, du capital humain  et du temps. Les nouveaux media de l’information, tel que les plateformes de vidéos en ligne, peuvent s’avérer dans ce contexte très efficaces et pertinents, permettant une bonne adéquation entre les ressources à disposition et la portée attendue en termes d’individus touchés. La modernisation des pratiques de communication est donc essentielle, d’autant plus au regard des obligations croissantes et du besoin accru de concertation avec le public. Pour ce faire les formats génériques de la communication environnementale sont mobilisables.

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