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Quel suivi financier du projet et quel coût de revient des travaux ?

Article modifié le 13/09/2017

Le maître d’ouvrage assume la responsabilité financière d’un projet, avec les informations qui lui sont apportées par sa maîtrise d’œuvre. L’assistance à maitrise d’ouvrage, s’il y en a une, peut aider le maître d’ouvrage dans le suivi financier du chantier et des demandes de subventions. Le suivi financier est une action pluridimensionnelle et continue, intégrant tous les autres aspects du projet. Il consiste à collecter et consolider les données financières dans le but de fournir aux gestionnaires et aux différentes parties prenantes du projet, des éléments sur l’utilisation des fonds alloués et les objectifs atteints. Il cerne à la fois les aspects comptables (comptes) et opérationnels (activités) et par conséquent, normalise le facteur coût/efficacité. Le suivi financier est donc une fonction essentielle dans la gestion du projet et notamment la conduite de chantier, moment fatidique où le différentiel entre prévisionnel et réel peut se creuser, en fonction des réalisations et des matériaux utilisés mais aussi de modifications inopinées de la part de la maîtrise d’œuvre. Le génie civil est souvent générateur de surcoût. C’est pourquoi il est nécessaire d’être vigilant dès la conception au dimensionnement du projet et si possible de limiter les solutions « complexes », multipliant les matériaux et les volumes de bloc. L’option la plus simple peut bien être la meilleure dans certains cas : pour rappel l’entretien est à prendre en compte dans les coûts, ainsi un effacement total apparaîtra toujours moins onéreux.


 


Le suivi financier se présente principalement sous deux aspects pour la maîtrise d’ouvrage : la demande des subventions (sous conditions définies au préalable avec le financeur) d’une part et la maîtrise des coûts de chantier d’autre part. Cependant même une surveillance stricte des coûts et des recettes ne va pas permettre systématiquement de respecter les marges initiales sur les travaux réalisés. Certaines situations poussent les entreprises à répondre à un appel d’offre en « cassant les prix », du fait d’une conjoncture économique difficile. C’est aussi un moyen de proposer des travaux supplémentaires et de remplir le calendrier de commande. Le suivi de chantier justifie donc son importance dans ces situations-là précisément. Il devient l’instrument permettant de mesurer les écarts entre l’estimation réalisée dans l’offre, les coûts prévisionnels et les coûts effectifs ou réels du chantier. C’est grâce à cette évaluation que l’entreprise sait de quelle marge financière elle dispose pour gérer et terminer le chantier. La clé de l’efficacité du suivi de chantier réside donc dans l’étude, la planification et l’organisation du chantier ainsi que la collecte d’informations sur l’avancement du chantier. Pour cela Il faut établir un véritable tableau de bord de son suivi financier, en utilisant par exemple un logiciel de tableur type Excel.

 

  Pour aller plus loin

 

 

Le suivi de chantier

Il n’existe pas à proprement parler de définition précise du suivi de chantier. Cette opération n’est ni normalisée, ni soumise à une législation particulière. Il convient donc à chacun de mettre en œuvre par ses propres moyens, des outils permettant de suivre l’avancement de ses travaux. Le suivi de chantier représente l’ensemble des mesures et des paramètres à prendre et surveiller afin que la réalisation d’une prestation de l’entreprise se réalise de la meilleure manière. Idéalement, si un chantier se déroule bien, il est attendu l’absence d’accident « évitable », le contrôle du calendrier prévisionnel et des réalisations sans « malfaçon ». Il va de soi pour le maître d’ouvrage que les coûts fixes et variables doivent être amortis par un plan de financement défini au préalable. Il faut alors procéder à une mise en place d’indicateurs permettant de contrôler et ce le plus fréquemment possible : les coûts occasionnés par le chantier et les recettes qui en sont dégagées. Cependant même une surveillance stricte des coûts et des recettes ne va pas permettre systématiquement de respecter les marges initiales sur les travaux réalisés. Certaines situations poussent les entreprises à répondre à un appel d’offre en « cassant les prix », du fait d’une conjoncture économique difficile. C’est aussi un moyen de proposer des travaux supplémentaires et de remplir le calendrier de commande. Le suivi de chantier justifie donc son importance dans ces situations-là précisément. Il devient l’instrument permettant de mesurer les écarts entre l’estimation réalisée dans l’offre, les coûts prévisionnels et les coûts effectifs ou réels du chantier. C’est grâce à cette évaluation que l’entreprise sait de quelle marge financière elle dispose pour gérer et terminer le chantier. La clé de l’efficacité du suivi de chantier réside donc dans l’étude, la planification et l’organisation du chantier ainsi que la collecte d’informations sur l’avancement du chantier. Ainsi dans le cas d’une différence « prévisionnel/réel » supérieure (ou inférieure) à 10% du montant du total prévisionnel, il est utile de se pencher sur les fiches prestations afin d’identifier quelle tâche a pris plus ou moins de temps que prévu. Un incident sur le chantier peut également être la cause d’une perte d’argent (conditions météorologiques défavorables, découverte de réseaux dans le sol non-inscrits sur le plan…).

 

L’estimation des coûts

L’estimation du coût d’un projet de restauration va dépendre des éléments à prendre en compte pour la réalisation de ce projet. Ainsi, si certains éléments administratifs sont indispensables à sa réalisation, d’autres viendront s’ajouter au cas par cas. Il est donc important d’avoir une vision globale des différents éléments nécessaires à la conception du projet afin de pouvoir en évaluer le coût. De nombreux d’éléments sont à prendre en compte dans les coûts d’un projet de restauration et peuvent faire considérablement varier la fourchette de prix que l’on rencontre dans les retours d’expériences. Ainsi, la technique de restauration utilisée, les caractéristiques physiques du cours d’eau ou bien encore la mise en place de mesures complémentaires sont autant d’éléments qui vont influencer les coûts de ces projets de restauration. Certains paramètres quantifiables, en dehors des coûts des travaux inhérents à la technique de restauration et des caractéristiques morphologiques du cours d’eau, peuvent faire varier le coût du projet : conditions d’accès au site, enjeux locaux, taille du linéaire à restaurer, proximité des sites d’approvisionnement en matériaux, entité réalisant la maitrise d’œuvre (travaux en régie par exemple). Cependant, d’autres facteurs non quantifiables peuvent également intervenir dans la variation des coûts du projet : le contexte économique et la conjoncture socio-économique, le coût du marché des matériaux, la concurrence existante, les accords techniques ou économiques passés entre les différents acteurs de chantier etc. Finalement cinq grandes catégories de coûts sont à retenir : (i) les coûts liés à la réalisation d’études préalables (études, prospectives…), (ii) les coûts d’élaboration du dossier réglementaire (dossier loi sur l’eau, étude d’impact…), (iii) les coûts liés à la maîtrise d’œuvre (conception, coordination…), (iv) les coûts des réalisations (installation de chantier, méthodes de restauration…) et (v) les coûts des actions de suivi et d’entretien (mise en place d’indicateurs de suivi, communication…).

 

Le prix moyen des actions

Enfin, dans son recueil d’expérience d’hydromorphologie, l’ONEMA, dévoile quelques coûts « moyens » en fonction des opérations de restaurations menées. Il est important d’avoir constamment en tête les prix moyens et d’être vigilant aux potentiels dépassements de devis. Pour les types de restaurations les « emblématiques », cela donne :

  • Installation du chantier : environ 6,5% du coût total des travaux
  • Terrassement et évacuation hors site : entre 10 et 21,5 €/m³
  • Terrassement et régalage sur site (déblai/remblai) : entre 3 et 15 €/m³
  • Reméandrage (création de nouveaux méandres) : entre 15 et 240 k€/km
  • Destruction de digues : entre 20 et 30 €/m³
  • Suppression de seuils : entre 10 et 100 k€/m de chute
  • Recharge granulométrique (mat + transport + pose) : entre 30 et 140 €/m³
  • Recharge en sédiments (matériau uniquement) : entre 10 et 25 €/m³
  • Retalutage des berges : entre 100 et 200 k€/km
  • Lit mineur d’étiage (lit emboîté) : 150 à 500 k€/km
  • Remise à ciel ouvert d’un cours d’eau : 7000 k€/km

 

 

   Zoom sur...l’analyse coût-bénéfice

 

 

L’analyse coût-bénéfice ou coût-avantage implique de détailler et de comparer l’ensemble des coûts et des bénéfices induits par l’opération de restauration ou par différentes options de projets de restauration. Le choix se portera sur le projet qui aura obtenu le plus grand bénéfice net. L’option de « ne rien faire » peut être une option à comparer pour faire prévaloir l’intérêt de la restauration écologique. Quoi qu’il en soit, l’évaluation des coûts et des bénéfices environnementaux reste une tâche complexe, nécessitant de la mobilisation de compétences spécifiques en économie environnementale, mais qui sont de plus en plus répandues dans les bureaux d’études et instituts de recherche, comme l’explique Pierre MANGEOT de l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, lors de la journée d’échanges sur la continué écologique du 16 mai 2014.


L’idée derrière l’évaluation des biens ou des services environnementaux non-marchand est qu’on leur attribue des valeurs (consentement à payer) pour maintenir ou augmenter la qualité de l’environnement existant ou pour éviter qu’elle ne change. Plusieurs méthodes d’évaluation existent et expriment en termes monétaires le coût des mesures permettant de garantir ou de maintenir les services fournis par les biens environnementaux (protection contre les inondations, ou contrôle de l’érosion…). Il s’agit des méthodes des coûts de remplacement, de substitution ou des coûts de dépenses préventives.